Auditeurs:
Meilleurs auditeurs :
Radio Lachute CRJL FM
Présentation - Qui est Emma Toudy
00:00 - 23:59
Un voyage musical du cœur au chœurPar Stéphane Comtois — Le Journal de Lachute / L’Écho d’Argenteuil
LACHUTE | C’est dans une atmosphère à la fois intime et vibrante que l’Ensemble vocal Hémiole a offert, ce dimanche après-midi, un concert tout simplement mémorable à l’église Margaret Rodger Memorial Presbyterian, située au 463, rue Principale à Lachute. Intitulé Du cœur au chœur, ce programme finement ciselé a transporté le public à travers les époques et les émotions, de la Renaissance jusqu’au jazz du 20e siècle, en passant par les chants sacrés et la bossa nova.
Présidé avec passion par Brigitte Barault, l’Ensemble vocal Hémiole a su, une fois de plus, prouver que la musique chorale possède un pouvoir rassembleur et universel. Chaque pièce, choisie avec soin parmi plus de 500 œuvres ayant marqué l’histoire du chœur depuis sa fondation en 2002, résonnait comme un écho vibrant d’authenticité et d’amour du chant collectif.
Le concert marquait également une étape importante pour l’ensemble avec l’arrivée de leur nouvelle cheffe de chœur, Christina Bonnelli. Cette musicienne d’exception, au parcours aussi singulier qu’inspirant, insuffle à l’ensemble une énergie renouvelée. Sa sensibilité artistique et sa direction engagée ont donné lieu à des interprétations touchantes, pleines de nuances et d’intelligence musicale.
Dès les premières notes de Tourdion, danse populaire française du 16e siècle, le public a été conquis. La première partie, intitulée Racines et rêveries, a mis en lumière des pièces riches de poésie et de tradition, comme Nigra Sum de Pablo Casals et le magnifique Deux Vieilles, hommage québécois signé Clémence Desrochers et Marc Larochelle.
La seconde partie, Mystère sacré et élévation, a plongé l’assistance dans une introspection spirituelle profonde. Le Stabat Mater de Pergolèse et le Dies Irae de Mozart ont été interprétés avec une intensité bouleversante, contrebalancés par la paix lumineuse du In Paradisum de Fauré.
Mais c’est dans la troisième partie, Voyages, mers et swing final, que le chœur a véritablement électrisé la salle. Du poignant Parlez-moi de France Levasseur-Ouimet au légendaire Pata Pata de Miriam Makeba, jusqu’au très attendu Sing, sing, sing, chaque chanson était un clin d’œil festif aux musiques du monde et à la joie contagieuse du chant partagé.
Pour clore cette traversée musicale en beauté, l’ensemble a offert au public une interprétation touchante du classique What a Wonderful World de Louis Armstrong. Un moment suspendu, où les voix unies ont su faire vibrer l’espoir et la beauté du monde avec une sincérité bouleversante.
Il faut aussi souligner la qualité exceptionnelle de l’acoustique de l’église Margaret Rodger Memorial, qui a magnifiquement mis en valeur la richesse harmonique des voix et la finesse de l’interprétation. Chaque note semblait envelopper l’auditoire, créant une expérience immersive et profondément émotive.
La pianiste Polina Gubnitskaia, complice attentive et brillante, a accompagné l’ensemble avec finesse et virtuosité, ajoutant une profondeur supplémentaire à cette prestation déjà riche en émotions.
En somme, ce concert fut bien plus qu’une simple performance vocale : il s’agissait d’un véritable voyage à travers les siècles, les cultures et les émotions humaines. Une célébration vivante du pouvoir de la musique et de l’engagement communautaire.
À l’image de son nom — Hémiole, ce subtil glissement rythmique — l’ensemble a su bouleverser les attentes et nous offrir un après-midi suspendu dans le temps. Un moment de grâce dont les cœurs se souviendront longtemps.
https://www.facebook.com/EnsembleVocalHemiole